24 novembre 2017

La Fleuvitude dans les poèmes de Michelle


C'est en ôtant les souliers et tutti quanti que l'on entre dans la poésie philosophique que Michelle Serre nous sert sur des plateaux en vers cassables, symboles de l'éphémère même de la vie de l'homme qui perd de temps en temps sa source pour la retrouver en rebroussant chemin grâce à l'effet mère de la nature.
Du reste, tout y est, à l'image de ce courant de pensées universelles que nous avons nommé la Fleuvitude ou l'art de l'équilibre, le juste retour dans l'ordre des choses, l'art de se perdre et se retrouver au rythme des hauts et des bas de la vie et de l'urgence du temps dans les sentiers sinueux de nos vies, qui s'accrochent à la Vie, coûte que coûte ou vaille que vaille, de l'orient à l'occident et du septentrion au midi.
Et, comme un ange gardien, Michelle rassure, en silence, dans l'air du temps brumeux, un brin inquiétant, du train-train de nos vies.

S'orienter
c'est perdre la source
mais en vue d'un retour
     Ne pas s'orienter
           C'est la perdre à jamais!

Ce texte, tiré du recueil de poèmes les Ephémères, des éditions: Le Bien-Vivre, datant pourtant de l'an mil neuf cent quatre vingt de notre ère, relève, à n'en point douter, du domaine de définition de la Fleuvitude que nous n'avons perçue et conçue qu'en ce troisième millénaire de notre ère.
Toutes choses égales par ailleurs, les poèmes de Michelle donnent des ailes à la Fleuvitude; car, la Fleuvitude, dans sa définition première est d'ailleurs définie comme étant « le retour aux sources ». Et, il nous faut, encore et toujours, tenir sur la brèche, éveillés, en étant dans la quête perpétuelle de l'équilibre, dans le laps de temps qu'est la vie de chacun de nous.
Et notre ange Michelle de renchérir dans cette quête de l'équilibre qui nous suggère la Fleuvitude aujourd'hui entre rester et partir :

La porte me dit de passer
  Mais le feu m'invite à rester
Mon hésitation fond
sous la caresse des flammes !

Alors, restons; puisque tous nous passerons.

Eyengué 27/06/2017
Lettre à propos du livre Les Ephémères
 de Michelle Serre


Pierre Sentenac "La Fleuvitude" 2009, 
Encre, pastels/papier glacé,20X18cms


NB: Le Livre les Ephémères, des éditions: Le Bien-Vivre, est toujours disponible
adresse:  lbvmps@outlook.fr 
Tirage limité à 100 exemplaires numérotés, sur papier Vergé, fait main
Couverture Papier Moulin Laroque , 69 pages, prix 25euros. 
Commande adresse: pierresentenac@orange.fr

9 novembre 2017

La Musique souvent me prend comme une mer...

Baudelaire, Spleen & idéal

Baudelaire nous livre cette impression, ce lien magique entre la musique et la mer....
C'est cette envie de deux mondes dynamiques qui me donne l'occasion de partager avec vous mes commentaires musicaux que je vous invite à retrouver, lors de l'écoute d'oeuvres musicales sur You Tube, une invitation au voyage musical en somme!

Mozart : Symphonie 40  A.Toscanini

Cette version en direct est une pure merveille d'exécution du Maestro Toscanini avec cette verve, fulgurance, émotion... tout est dit des drames que Mozart vécut intensément, et que l'on ressent dans cette partition vibrante et émouvante , d'une des plus grandes Symphonies de Wolfgang ! D'autant que l'interprétation n'est pas récente, cependant cela reste très actuel et rarement dépassé!!

Dufay : Se la face est pale - Cantica symphonica

Remarquable interprétation de ce chef-d'oeuvre par le Cantica symphonica, qui est actuellement celui qui me permet de respirer avec amour la musique de G.Dufay : Je peux dire qu'après David Munrow, qui est toujours à mes oreilles la référence ! Surtout dans l'intégralité de "Se la face ay pale", cet ensemble lui succèdant avec intérêt. Cette oeuvre est un véritable bain de Jouvence qui nous permet d'entrer dans les "Jardins-Paradis " des enluminures "Des riches heures du Duc de Berry" ! 
A écouter avec rêverie... Car c'est un pur chef-d'oeuvre...

Mozart : Concerto pour basson  Aligi Voltan

J'ai toujours eu un "faible" pour cette oeuvre. Car comme pour les concertos pour Cor (version D.Brain-Karajan) ce concerto pour basson "il fallait l'écrire" surtout pour un instrument aussi réservé et ignoré: Le jeune Mozart l'a fait avec sa fantaisie, sa fougue juvénile, empreintes de pensées: "sérieuses et profondes" !
Le fameux "rire et les larmes" qui n'appartiennent qu'à lui ...
La version de A. Voltan est remarquable de cette fraîcheur incomparable qu'il est si difficile d'atteindre... sauf peut être quand Wolfgang vous a transmis en songe les sonorités du divin...
Ce que je crois!

Rameau : Suite E mi  Marcelle Meyer - piano

La clarté, la lumière, l'équilibre naturel, l'esprit, la grâce française du XVIIIème siècle, voilà Rameau! Watteau est là pour un embarquement pour Cythère...
Cette fraîcheur est traduite de manière simple et remarquable par Marcelle Meyer. (une référence!!)

Bach : Concerto italien  G.Gould - piano

Gould-Bach, la passion de deux vies réunies dans cette Référence absolue du baroque... équilibre du phrasé du jeu tout en nuances de ce magicien du clavier qui définit, le mot essentiel, dans la spiritualité:  Sérénité!

Dufay: "Resveillies-vous"  Cantica symphonica

 Silence, calme, frémissement des feuilles dans le vent; me revient dans ma rêverie les souvenirs anciens qui me poussent à croire que G.Dufay n'est pas loin... Alors je m'abreuve de ses mélodies qui m'aident à remonter le temps... Cher G.Dufay baptisé "Prince des musiciens" comme cela me ravît et me comble...
Belle interprétation à écouter avec recueillement...

Correa de Arauxo: Tiento de tiple de séptimo tono / Luis Antonio González, organ


Avec Correa de Arauxo et cette oeuvre magistrale, on entre dans la pure méditation musicale, seul Nicolas de Grigny est capable de nous faire éprouver le contraste du clair-obscur des fortes lumières chaudes ressenties dans la fraîcheur subtile d'une église, fut-elle décorée par le Gréco... 
Quelle splendeur! A travers le silence de l'orgue de Correa... 
Gonzalez interprète remarquablement cette page unique.
(Francis Chapelet est aussi à écouter)

Nicolas de Grigny : Odile Bailleux joue sur l'orgue d'Albi


La ligne pure, le clair-obscur, la chaleur d'été, la fraîcheur de la Cathédrale permet la prière, puis la lumière des jeux colorés, la fantaisie après l'ascèse: 
Voilà toute la splendeur révélée de cette oeuvre, par le jeu subtil d'Odile Bailleux...
En somme du grand art!

Heinrich Biber : Battalia a 10 in D major, C. 61 - Jordi Savall / Le Concert des Nations


J'ai découvert cette oeuvre merveilleuse dans un disque sous la direction du disparu: Niklaus Harnoncourt et je dois reconnaître que de rares oeuvres de musique descriptive ont un tel effet magique !
Excepté peut-être: 
Le combat de Tancrède de Claudio Monteverdi
Les quatre saisons de Vivaldi,
La pastorale de Beethoven etc...
Cependant ce sont des compositeurs de premier plan!
Biber, moins connu des auditeurs, vient nous offrir ce petit chef d'oeuvre...

Pierre Sentenac






Pierre Sentenac "Lignes musicales" Encres/Canson-50x65cms