1 septembre 2025

Passeurs du temps

 

Dans l’œuvre poétique de Michelle Serre, le livre de poésie intitulé :

« Les passeurs du temps », écrit en 1970, fut déterminant, dans son œuvre poétique.

Elle, donnait la parole ou la plume, à des auteurs littéraires, retraçant les motivations profondes, d’un titre ou d’une œuvre, sous forme de poèmes.

Dans cet ouvrage, deux auteurs et un film, étaient rassemblés :

Boris Pasternak, René-Guy Cadou, ‘Zorba le grec’.

D’où l’idée de créer :

La Collection : « Passeurs du temps »

Sur des auteurs littéraires ou des peintres,

(traduits poétiquement par Michelle Serre)

qui comporte à ce jour 10 ouvrages.


I

 

"Nous avons oublié qu'il n'y a qu'une seule chose en notre pouvoir: ne pas défigurer la vie."

B. PASTERNAK


 1er Poème

T

_ Souvenez-vous de moi

l'Etranger le poète

qui préféra l'angoisse

au sang chaud de la vie

qui n'oublia jamais

la caresse brutale

des voix de son pays... 

Le printemps qui s'éveille

en fleurs épanouies

et l'hiver qui s'endort

en neiges étoilées...

_ Il me souvient de toi

mon frère le Poète!


 2ème Poème

    I

Ma soeur la vie

  

Ma soeur la vie

je caresse ta main

sachant que ton étreinte

est brûlante d'amour...

Couché dans les blés mûrs

j'ai fait l'apprentissage

du secret des saisons...

L'orage m'a surpris

à l'orée des grands bois

mais l'eau m'a rafraîchi

et le pain m'a nourri...

J'ai servi mes amis

à la table des dieux

le toit de ma datcha

m'abrite du grand froid

et je crois que demain

est plus fort qu'aujourd'hui

 

II


"Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province..."

R-G. CADOU


  1er Poème

Les biches se reposent

dans tes yeux de chardon

Caresses à la lande

tes pas d'enfant

errent près des marais...

Tes cheveux blonds

allument les osiers

et la table d'auberge

fiance le pain blanc

au pur cadeau de l'amitié.

 

 2ème Poème

1

X  3

         2+ 

Le père écrit

le silence des chiffres

sur le lourd tableau noir...

La mère tient l'ouvrage

derrière les carreaux de la maison fermée...

Sur la rampe en bois lisse

un petit cavalier

part pour de grands voyages...

Le moulin de ses rêves

tourne dans un bourdonnement

d'abeilles un peu folles...

Demain il faudra se poser

dans l'amer des saisons

et replier ses ailes

au coeur des solitudes.

 

III

 

"Le jour se levait sur le Pirée quand je le vis pour la première fois..."

N. KAZANTZAKIS

 

Pierre Sentenac 'La danse de Zorba''
Gravure aquatinte

 1er Poème

                    La danse de Zorba

 

"Quand j'ai le coeur trop plein

je danse"

Impétueux oiseau de proie

Zorba s'élance sur les galets

Replie ses longues jambes

vastes nageoires

ombreuses et mouvantes...

Silence est la danse

qui secoue son corps...

Oh! la terrible envie de faire halte

et de pleurer...

Mais le souffle coupé

je suis le mouvement

impuissant à ramer vers la réalité

j'atteins le coeur de mon enfance

et la présence palpitante des vrais mots!

Grand oiseau de minuit

Zorba crève l'espace

me laissant seul au bord du large...

 

 2ème Poème 

Dame Hortense 

Grand prince travesti

il fait la révérence

à une dame Hortense

émue et frétillante...

Là-bas, sous les figuiers

les enfants rient et gloussent...

La scène est pittoresque

et sur la treille en fleurs

le perroquet se tait d'étonnement

et d'émotion...

Passaient les mois et les années

et jamais visiteurs ne franchissaient le seuil

de l'auberge élimée...

Repas, festivités, flambeaux de chants

et de couleurs...

Nous sommes des explorateurs du passé

qui ressuscitent en un clin d'oeil

la jeune Hortense qui chantait...

La vie est soudain un théâtre

où nous jouons avec ivresse

                                tous les vieux rôles oubliés!


Pierre Sentenac 'Passeurs du temps'
Craies sur  canson




31 juillet 2025

Vint l'éphémère de l'aube

  

    Poursuivant la diffusion de l’œuvre poétique de Michelle Serre,

l’article met en valeur

le mot éphémère, selon le Larousse:

comme adjectif : qui ne dure qu’un jour,

au figuré : de courte durée (gloire éphémère),

comme nom masculin : genre d’insectes qui ne vivent

que peu de temps (papillons).


Les éphémères est le premier ouvrage poétique de Michelle Serre,

que nous avons publié dans nos éditions du « Bien-Vivre » en 1991,

qui a été largement apprécié !

Le premier poème, commence par les mots : 

‘Vint l’éphémère de l’aube…’,

image de la brièveté, du point du jour,

car l’éphémère, évoque de plus par extension,

la fragilité, la pureté, la grâcela rêverie

les nuages blancs qui s’étirent avant de disparaître…

D’où le titre de cet article, qui j’espère saura vous plaire, vous satisfaire.




                                      Pierre Sentenac 'Vint l'éphémère de l'aube'
                                                                       Gravure E.A/Canson


I

Vint l’éphémère de l’aube

Le givre

Dentelle blanche au col de l’épousée

Ecorce libre de silence

 

II

 

Seuls

 Sur la pointe extrême de l’ubac

Lieu de rupture

où le soleil consent à boire

sa part infime d’ombre

 

III

 

A un indifrent

 

Tu m’as entendu prendre mon vol

dans l’ombre

par principe tu ne bouges pas

_ Barbare silence

autour de ma voix !

 

IV

h

 

Car en amont coule la source

Minuscule dans sa candeur

première

l’Incorporelle du voyage

qui à tâtons

cherche ses formes

dans la mémoire du chemin

 

V

U

 

Serti dans l’ombre

est notre destin

Et aucune lampe

ne saurait l’entendre.

 

Extraits des éphémères

Michelle Serre



Fleurs de L’instant


     Dans l'alambic du regard, chaque nymphea s'efface, pour mieux révéler

        la splendeur invisible. Le Pont japonais traverse le fleuve du souvenir...

        Les "Ephémères", baignent dans un bassin de Nymphéas

         de Claude Monet.

    En complicité céleste, avec mon amie Michelle Serre

        je vous joins quelques instants poétiques.

 Laure Sallahi dite Laure Dino




Pierre Sentenac 'Fleurs de l'instant'
Tech. mixte (encres, B. aérosols)/ Canson


I

 

     On ne voit pas

        le coquelicot s’ouvrir

le soleil se coucher

 

II

 

     Elle a voulu

              grevé de fruits mûrs

         l'arbre de l'instant

 

III

 

Moi, je voulais juste

                  prendre une fiole de grains de sable

             du souffle de vent

 

IV

 

Trouver Des arcanes de beauté

    Faire mon chemin d'âme

 

V

 

Je voulais lui répondre

reçois de ta main

    ce que Lui t'offre

sur les arbres, sur les baies

    dans les paniers, les jardins

    même dans tes rêves

tu trouveras quelques

graines d'univers

               des fruits verts et des fleurs blanches

                                aux essences sublimées

Poèmes inédits

Laure Sallahi dite Laure Dino


 

 

 

 












23 juin 2025

Trinité Pascale

 

En cette période de la Ste Trinité, célébrée dimanche dernier, je me souviens, de ce moment ‘inattendu, où je découvris avec surprise !’, qu’une encre sur papier réalisée, en 2007, sa photo, choisie par Chantal Guillermain, figurait dans son livre, intitulé : 

« La Trinité, j’y crois ! »

Avec joie, j’ai remercié l’auteur, cela n’est pas courant, ( 1ère et seule fois !)

J’ajoute que cette « Trinité pascale », est précédée d’un magnifique poème de :

Patrice de la Tour du Pin, (cf,  p.56-57, ci-après).

 

Dire Merci, à Chantal Guillermain, en résumant son livre, par les propos de :

Michel Rondet, s.j.

_ « les premiers chapitres retracent avec exactitude et clarté les différents aspects de la foi trinitaire. L’auteur fait appel essentiellement à l’Ecriture, ce qui permet d’en faire une lecture méditée »

_ Dans sa 4ème de couverture, il note : «  Voici un petit livre dont l’apparence modeste pourrait masquer la valeur… l’auteur, Chantal Guillermain, a été une des premières femmes professeurs d’Ecriture sainte… Elle a publié avec le père Louis Barlet un commentaire de l’Evangile selon St Luc, qui fait autorité… Si j’ai un conseil à donner au lecteur de commencer par les poèmes, en particulier ceux de l’auteur, qui terminent le volume.(le nôtre p.56-57) »

Chantal Guillermain, ajoute en (p. 9-10)

_ «  Pour parler de la Trinité, si l’on n’est pas théologien, il faudrait être poète ou peintre… Pour le peintre on pense immédiatement à Roublev et sa célèbre image de la Table des Trois où notre place, à chacun, est marquée.

On pense aussi au Couronnement de la vierge, d’Enguerrand Quarton, exposé au musée de Villeneuve-lès-Avignon… »

Ce qui explique le choix de : Chantal Guillermain, pour ma Trinité pascale.



Amour qui planais sur les eaux

 

Amour qui planais sur les eaux

Et les berças du premier souffle,

Nos âmes dorment :

Prends-les d’un battement nouveau

Qui reflue au Christ vers leur source

Pour déborder parmi les hommes.

 

Tu es cette voix qui gémit,

Dans les douleurs de notre monde,

Le nom du Père ;

Mais en retour, tu es aussi

La voix apportant sa réponse :

L’Amour de Dieu couvre la terre.

 

Tu es la genèse en tout temps,

Tu es la voix qui crie naissance

A l’âme obscure ;

Tu nous engendres du dedans,

Tu fais tressaillir le silence

Au fond de toute créature.

 

Amour descendant aujourd’hui,

Viens agiter les eaux enfouies

De nos baptêmes,

Qui, de la mort de Jésus Christ,

Nous font resurgir dans sa vie :

Tout est Amour dans l’Amour même.

Patrice de la Tour du Pin




Trinité pascale (2007), Pierre Sentenac,
 encre de Chine, pastels et craies sur papier,

Copy. Adagp, Paris 2018,cliché: Philippe Sauvan-Magnet/Adagp Images
  




Chantal Guillermain, "La trinité, j'y Crois!'

Couverture



NB:  Références de l'ouvrage: "La trinité, j'y Crois!'
                                          de:   Chantal Guillermain
                         Editions:   Vie chrétienne          2018
                                          Prix:    11,50 E
                                 Courriel:    viechretienne.fr